vendredi 18 mai 2007
Le premier gouvernement de Nicolas Sarkozy: décryptage
Par Arnaud Denopces, vendredi 18 mai 2007 à 20:38 :: Politique
Nicolas Sarkozy avait promis d'aller "très loin" dans l'ouverture vers la gauche et les centristes, avec le gouvernement annoncé aujourd'hui cela semble être chose faîte.
En droit nous sommes aujourd'hui dans une situation de "fait majoritaire", c'est à dire que le président de la République et le Premier Ministre sont issus de la même formation politique. Cette situation est particulière puisque le président va alors faire une interprétation large de la constitution pour devenir le véritable chef du gouvernement et de l'action nationale alors que la constitution lui donne un rôle d'arbitre. Le Premier Ministre se retrouve du coup dans une position de subordonné. Inversemment en période de cohabitation on revient à une lecture plus fidèle de l'article 5 de la constitution, et prend donc un rôle d'arbitre, tandis que le Premier Ministre sera le capitaine, le meneur de jeu.
Cette précision faîte on comprend mieux la composition du gouvernement annoncée aujourd'hui par Claude Guéant le nouveau secrétaire général de l'Elysée. Le nouveau président avait promis d'aller "très loin" dans l'ouverture vers la gauche et les centristes et il a été écouté par son Premier Ministre François Fillon.
Deux des quatre secrétaires d'Etat annoncés viennent de la gauche: Jean-Pierre Jouyet aux Affaires européennes et l'ancien du PS Eric Besson à la Prospective et l'évaluation des politiques publiques. Le ministère des Affaires étrangères va à Bernard Kouchner, ancien ministre socialiste, et la Défense à Hervé Morin, ancien lieutenant de François Bayrou.
Alors pourquoi ce choix ? Réelle volonté d'ouverture ou manoeuvre stratégique? Dans cette seconde hypothèse le coup serait parfait. En effet en ouvrant sur la gauche et le centre, Nicolas Sarkozy affaiblit ses adversaires en perpectives des législatives, et tient sa promesse d'ouverture et de grand rassemblement. Et sur les 20 membres du gouvernement, 13 sont candidats aux législatives y compris François Fillon, ce qui veut dire que les grandes réformes, celles qui sont sujet à controverse, ne seront engagées par les ministres qu'une fois les élections législatives passées.
En droit nous sommes aujourd'hui dans une situation de "fait majoritaire", c'est à dire que le président de la République et le Premier Ministre sont issus de la même formation politique. Cette situation est particulière puisque le président va alors faire une interprétation large de la constitution pour devenir le véritable chef du gouvernement et de l'action nationale alors que la constitution lui donne un rôle d'arbitre. Le Premier Ministre se retrouve du coup dans une position de subordonné. Inversemment en période de cohabitation on revient à une lecture plus fidèle de l'article 5 de la constitution, et prend donc un rôle d'arbitre, tandis que le Premier Ministre sera le capitaine, le meneur de jeu.
Cette précision faîte on comprend mieux la composition du gouvernement annoncée aujourd'hui par Claude Guéant le nouveau secrétaire général de l'Elysée. Le nouveau président avait promis d'aller "très loin" dans l'ouverture vers la gauche et les centristes et il a été écouté par son Premier Ministre François Fillon.
Deux des quatre secrétaires d'Etat annoncés viennent de la gauche: Jean-Pierre Jouyet aux Affaires européennes et l'ancien du PS Eric Besson à la Prospective et l'évaluation des politiques publiques. Le ministère des Affaires étrangères va à Bernard Kouchner, ancien ministre socialiste, et la Défense à Hervé Morin, ancien lieutenant de François Bayrou.
Alors pourquoi ce choix ? Réelle volonté d'ouverture ou manoeuvre stratégique? Dans cette seconde hypothèse le coup serait parfait. En effet en ouvrant sur la gauche et le centre, Nicolas Sarkozy affaiblit ses adversaires en perpectives des législatives, et tient sa promesse d'ouverture et de grand rassemblement. Et sur les 20 membres du gouvernement, 13 sont candidats aux législatives y compris François Fillon, ce qui veut dire que les grandes réformes, celles qui sont sujet à controverse, ne seront engagées par les ministres qu'une fois les élections législatives passées.