mardi 21 octobre 2008
La France injecte 10,5 milliards d'euros pour ses six principales banques
Par Romain Delacroix, mardi 21 octobre 2008 à 10:00 :: Economie
Afin de rouvrir le robinet du crédit, l'Etat français par la voie de la ministre de l'économie Christine Lagarde, a annoncé qu'il allait injecter 10,5 milliards d'euros d'ici la fin de l'année dans les six plus grandes banques du pays.
Le Crédit Agricole recevra 3 milliards d'euros, la BNP Paribas 2,55 milliards, la Société Générale 1,7 milliards, Crédit Mutuel 1,2 milliards d'euros, les Caisses d'Epargne 1,1 milliards et les Banques populaires 950 millions d'euros. Ce plan s'inscrit dans le train de mesures exceptionnelles de nationalisation et de recapitalisation des établissements financiers décidées en Europe, notamment lors du sommet de l'Eurogroupe du dimanche 12 octobre. Le plan français s'élève a lui seul à 360 milliards d'euros.
Cette injection de liquidité a pour but de relever les fonds propres des banques, qui ont pourtant été jugés suffisant hier encore par la Banque de France estimant qu'ils étaient dans la norme des autres banques européennes. Mais en cette période de crise financière, plus une banque à de fonds, plus elle est jugée en bonne santé. Certaines études comme celle de Merrill Lynch avaient relancé hier, les craintes d'insuffisance des fonds propres des banques européennes en estimant que si son scénario récessionniste le plus défavorable se réalisait, ces banques dont la Société Générale, BNP Paribas et Crédit agricole auraient un besoin supplémentaire de capital de 73 milliards d'euros.
En contrepartie de ces aides, les banques doivent faciliter le crédit aux PME, aux collectivités locales et aux ménages, en mettant l'accent pour ces derniers sur les crédits relais pour l'immobilier, qui ont souffert du retournement du marché. Au total, les banques ont fixé un objectif de progression de leurs encours de l'ordre de 3 % à 4 % dans ces différents types de financement de l'économie. A noter enfin l'engagement des banques pour cette injection à ne pas donner de parachutes dorés en cas d'échec des dirigeants.
